Mis à jour le 26 Juin 2026
Sommaire
L’essentiel
À l'évocation du patrimoine monégasque, le Palais Princier ou le Casino de Monte-Carlo viennent immédiatement à l'esprit. Mais soupçonne-t-on que les arbres font aussi partie des trésors de la Principauté ? Aperçu de ce patrimoine végétal composé d'espèces endémiques et exotiques en compagnie d'Aurélie Varitto, chef technicien territorial à la Direction de l'aménagement urbain de Monaco.
Entre patrimoine bâti et littoral, le végétal se fraie un chemin en Principauté et invite les visiteurs curieux à quitter les belles avenues pour rejoindre la fraîcheur des jardins. Aujourd'hui, plus de 20 % des 208 hectares du territoire monégasque est constitué d'espaces verts. Au sein de ce patrimoine vert, les arbres offrent un paysage singulier, composé d'espèces méditerranéennes (chênes verts, caroubiers, agrumes, pins...) et d'essences importées dès le XIXe siècle (ficus, cycas, eucalyptus...). Ces derniers ont pu perdurer grâce au climat monégasque, similaire à celui des zones subtropicales.
Un recensement végétal
Tous les arbres de la Principauté possèdent un numéro, visible sur une petite plaque accrochée à leur tronc. Qu’ils soient sur le domaine public ou privé, cette identification est référencée dans un inventaireregroupant leurs données, comme l’espèce, l’âge, l’état sanitaire ou leur gestionnaire. Depuis 2011, le “Code de l’arbre” édité par le Gouvernement princier participe ainsi à la préservation du patrimoine arboré.
Parmi les 16 000 arbres en Principauté, certains font l’objet d’une attention toute particulière. “Les arbres patrimoniaux sont sélectionnés pour leur aspect historique, leur rareté botanique et des critères biologiques”, explique Aurélie Varitto. Cette appellation leur permet de bénéficier de mesures de protection renforcées, comme un suivi régulier de leur état sanitaire ou l’interdiction de les couper. Trois parcours des arbres patrimoniaux en Principauté, proposés par la Direction de l’aménagement urbain, la Fondation Prince Albert II et la Direction du tourisme, permettent d’identifier certains de ces spécimens remarquables.
Au départ du Jardin de la Petite Afrique, propriété de Monte-Carlo Société des Bains de Mer située dans le prolongement de la place du Casino, on découvre un petit paradis tropical. Une dizaine d’arbres patrimoniaux sont recensés dans cet espace imaginé par le paysagiste Édouard André au XIXe siècle, parmi lesquels :
Le parcours se poursuit jusqu’au Jardin japonais et ses essences nippones, dont le pin blanc du Japon, avant de passer par la Villa Sauber puis l’église Saint-Charles, devant lesquels trônent d’imposants Ficus macrophylla.

L’itinéraire débute sur la place d'Armes et donne l’occasion d’une visite historique en plus de son intérêt botanique. Après avoir longé le Palais Princier, direction les jardins de Saint-Martin, les plus anciens de Monaco, créés en 1816 par le Prince Honoré VI. Plantes locales et tropicales s’y côtoient. On peut notamment y voir un vaquois, originaire des rivages de l’océan Indien, un oreopanax à feuilles de nénuphar, plutôt rare sur le littoral, ou un frangipanier australien. Poursuivre le parcours jusqu’au fort Antoine permet d’admirer un imposant caroubier, espèce méditerranéenne représentant l’arbre national de Monaco.

Aux abords du Stade Louis II, le parc paysager de Fontvieille invite à une agréable balade au vert. Arpenter ses allées permet de traverser le quartier tout en admirant une végétation foisonnante. Dragonnier des Canaries, arbre bouteille issu d’Australie ou oiseau du paradis originaire d’Afrique du Sud, ces arbres patrimoniaux nous font lever la tête autant que rêver à des contrées lointaines. Arrivé à la roseraie Princesse Grace, un érythrine crête de coq, originaire d’Amérique du Sud, trône devant les parterres de rosiers.

“Selon les objectifs de la stratégie nationale pour la biodiversité, la proportion d’espaces verts à atteindre à l'horizon 2030 est de 25 %”, nous éclaire Aurélie Varitto. Pour cela, la Direction de l’aménagement urbain s’attache à végétaliser le maximum de surface pour chaque projet d’aménagement public ou privé mené sur le territoire. “Ce peut être un toit-terrasse sur une construction, des jardinières sur des stationnements... À Monaco, un mètre carré, c'est déjà beaucoup”, relève-t-elle. Le récent quartier Mareterra, construit sur la mer, a déjà permis de gagner 6 hectares de jardins publics.

Au fil de ces parcours, Monaco révèle une facette plus discrète de son identité, loin de son image urbaine. Une belle occasion de ralentir le pas, de s’attarder dans ses jardins et de flâner dans ses rues pour observer ces témoins silencieux qui, depuis parfois plusieurs générations, participent à la beauté et à l’âme de Monaco.
Jardin exotique, roseraie Princesse Grace, Jardins de la place du Casino de Monte-Carlo, potagers urbains… avec Inspiration, explorez les espaces verts de Monaco.
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